Espèce Chêne vs pin

Chenille processionnaire du chêne : reconnaître, danger et traitement

En bref

L'espèce
Thaumetopoea processionea, sur les chênes
Le nid
Plaques de soie sur le tronc, pas en bout de branche
La période
Chenilles surtout de mai à juillet
Le danger
Poils urticants pour l'homme et l'animal

Classée nuisible à la santé humaine (décret du 25 avril 2022), au même titre que la processionnaire du pin.

La chenille processionnaire du chêne est la cousine, moins connue mais tout aussi urticante, de la processionnaire du pin. On la reconnaît à ses nids de soie plaqués contre le tronc des chênes et à ses processions qui, le plus souvent, ne quittent pas l'arbre. Voici comment l'identifier, en quoi elle diffère de celle du pin, quel danger elle représente et comment s'en débarrasser.

Reconnaître la chenille processionnaire du chêne

C'est la larve d'un papillon de nuit, Thaumetopoea processionea (famille des Notodontidae). Elle se nourrit exclusivement des chênes, principalement les chênes à feuilles caduques. La chenille est grisâtre, marquée d'une bande dorsale foncée, et couverte de poils urticants. Elle vit en colonie et se déplace en file indienne — la « procession » qui lui vaut son nom. Elle devient urticante à partir de son troisième stade larvaire (INRAE) : c'est à ce moment qu'elle libère ses poils microscopiques.

Chêne ou pin : comment les distinguer

Deux espèces principales de chenilles processionnaires cohabitent en France, toutes deux urticantes. La confusion est fréquente ; voici les critères qui les séparent, du point de vue du chêne.

CritèreProcessionnaire du chêneProcessionnaire du pin
EspèceThaumetopoea processioneaThaumetopoea pityocampa
Arbre hôteChênes (feuillus caducs)Pins, parfois cèdres
NidPlaques de soie plaquées sur le tronc et les grosses branchesPoche de soie en bout de branche, en hauteur
ProcessionSur le tronc ; reste dans l'arbreDescend au sol pour s'enfouir
Période des chenillesSurtout mai à juilletSurtout février à mai
PapillonÉmerge de mi-juillet à fin aoûtÉmerge en été
RépartitionPresque partout, y compris parcs et villesSurtout le sud, remonte vers le nord

Pour la fiche complète de l'autre espèce, voir la chenille processionnaire du pin.

Le nid sur le chêne

C'est le signe le plus caractéristique. Là où la processionnaire du pin suspend une boule de soie en bout de branche, la processionnaire du chêne tisse des nids aplatis, plaqués contre le tronc et l'insertion des grosses branches. Les chenilles y restent le jour et se dispersent sur l'arbre pour se nourrir. Point essentiel : un nid abandonné reste urticant longtemps, car il reste chargé de poils. Pour tout savoir sur l'identification et le retrait, voir le nid de chenille processionnaire.

Cycle de vie et période

Les œufs sont pondus en fin d'été sur les rameaux, en hauteur, et passent l'hiver sur l'arbre. Ils éclosent en avril. Les chenilles se développent ensuite au printemps ; elles sont les plus nombreuses et les plus urticantes de mai à juillet. Le papillon, un discret papillon de nuit, émerge de mi-juillet à fin août, s'accouple et repond, ce qui referme le cycle. Cette période décalée par rapport à la processionnaire du pin explique pourquoi les deux espèces ne posent pas problème aux mêmes moments de l'année. Le cycle détaillé et le rôle du papillon sont décrits sur la page papillon et cycle de vie.

Le danger pour l'homme et les animaux

Le danger vient des poils urticants (ils contiennent la thaumétopoéine). Microscopiques et très légers, ils se détachent au moindre contact, sont emportés par le vent et peuvent atteindre une personne sans contact direct avec la chenille. Chez l'homme, ils provoquent démangeaisons, éruptions cutanées, irritations des yeux et de la gorge ; une réaction allergique est possible. Chez le chien et le chat, le contact buccal est une urgence vétérinaire. En cas de symptômes marqués ou de réaction allergique, consultez un médecin (ou un vétérinaire pour un animal) sans attendre. Le détail figure sur nos pages :

Sur les chênes eux-mêmes, l'insecte dévore le feuillage et provoque une défoliation qui affaiblit l'arbre, un enjeu suivi de près en forêt comme en ville.

Comment s'en débarrasser

On ne manipule jamais soi-même un nid ni les chenilles, sur chêne comme sur pin : gratter, balayer ou écraser ne fait que libérer un nuage de poils. La lutte se confie à un professionnel et s'adapte à l'espèce. Sur le chêne, comme les nids sont sur le tronc et que les chenilles restent dans l'arbre, on privilégie le retrait des nids, la lutte biologique (traitement au Bacillus thuringiensis, nichoirs à mésanges) et les pièges à phéromones contre les papillons en été. Le panorama complet des méthodes est détaillé sur comment traiter et s'en débarrasser, et les dispositifs sur le piège à chenilles processionnaires.

Questions fréquentes — processionnaire du chêne

La processionnaire du chêne est-elle aussi dangereuse que celle du pin ?
Oui. Les deux espèces portent des poils urticants qui provoquent les mêmes réactions cutanées, oculaires et respiratoires. La processionnaire du chêne reste toutefois dans l'arbre, sur le tronc, au lieu de descendre au sol : le risque se concentre près du tronc et sous le vent, avec les chutes de poils.
Où se trouvent les nids de la processionnaire du chêne ?
Contrairement à la processionnaire du pin, dont le nid pend en bout de branche, la processionnaire du chêne tisse des plaques de soie plaquées directement contre le tronc et les grosses branches. Ces nids restent urticants même après le départ des chenilles.
Quand la chenille processionnaire du chêne est-elle active ?
Les œufs éclosent en avril. Les chenilles sont présentes et urticantes surtout de mai à juillet, plus tard que la processionnaire du pin (février à mai). Le papillon émerge ensuite de mi-juillet à fin août.
Rédigé par Mounir Boualem Fondateur de Zeronuisibles · technicien-applicateur 3D (dératisation, désinsectisation, désinfection) · expérience de terrain depuis 2014. Mis à jour le 19 juillet 2026
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